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Un regard jeune sur la vie sauvage...
Je suis Julien Croisé, ou Juletek sur les réseaux, 22 ans, originaire de Salon-de-Provence.
Depuis toujours passionné par l’image, j’ai choisi de me consacrer à la photographie animalière, pour révéler la richesse de la faune ornithologique et la beauté fragile de la nature.
J’ai eu la chance de grandir avec un très grand jardin, un lieu où la nature s’invitait chaque jour. Enfant, j’aimais passer du temps à observer les mangeoires que nous installions et je pouvais rester longtemps à regarder les oiseaux venir s’y poser. C’était quelque chose de commun dans mon quotidien, une évidence presque naturelle, qui m’a très tôt et très facilement sensibilisé à ce monde vivant sans même le savoir.
Aujourd’hui, mon objectif est clair : briser le stéréotype d’une jeunesse enfermée dans ses écrans. La nature n’est pas réservée aux personnes âgées ou aux naturalistes chevronnés : elle peut aussi émerveiller, inspirer et passionner les jeunes. À travers mon regard, je veux montrer ce que beaucoup ignorent alors que c’est ce qui nous entoure le plus : une nature omniprésente, discrète mais essentielle, qui se révèle à qui prend le temps de l’observer.
Mon appareil photo est devenu mon prolongement : chaque affût, chaque sortie, chaque instant passé au contact des oiseaux est une manière de rappeler que la nature n’est pas lointaine ni inaccessible. Elle est là, à nos côtés, plus proche qu’on ne l’imagine, et elle attend simplement que nous la redécouvrions.
Les Bouches-du-Rhône, trois mondes, un ciel
J’ai la chance de vivre dans une région unique : les Bouches-du-Rhône, sans doute l’un des territoires les plus riches de France en diversité ornithologique. Cette richesse ne tient pas à un seul paysage, mais à l’union de trois mondes forts et complémentaires. Ici, tout se joue dans les contrastes : l’eau, la roche et l’aride.
En Camargue, les zones humides s’étendent à perte de vue, façonnées par le Rhône et la mer. Dans les Alpilles, les falaises calcaires dominent un relief sec et lumineux. Et dans les steppes arides de la Crau, le paysage s’ouvre en une étendue minérale unique en France. Trois décors, trois ambiances, mais un même territoire où les oiseaux trouvent refuge, nourriture et voies de passage.
C’est cette complémentarité qui fait la force du département. Tout au long de l’année, des milliers d’oiseaux y vivent ou y transitent, profitant de cette mosaïque resserrée d’habitats. Certaines espèces, rares voir absentes ailleurs, trouvent ici des conditions idéales, renforçant le caractère exceptionnel de cette région.
Au cœur de cet équilibre, chaque milieu révèle ses emblèmes. En Camargue, le Flamant rose anime les étangs de ses colonies spectaculaires. Dans les Alpilles, le Hibou grand-duc veille depuis les falaises. Et dans les steppes arides de la Crau, le Guêpier d’Europe traverse le ciel de ses couleurs vives.
Riche, contrastée et profondément unie, la nature des Bouches-du-Rhône est un spectacle permanent. Un territoire où, d’un paysage à l’autre, tout change sauf l’émerveillement.
"La nature ne se presse pas. Elle attend d’être écoutée."

L’homme veut tout, tout de suite. Il ne sait plus attendre. Il clique, il exige, il accélère. Il cherche à voir sans vraiment regarder, à entendre sans écouter, à vivre sans être présent.
Pourtant, la nature ne se presse pas. Elle n’obéit pas à notre impatience. Elle avance à son propre rythme : ancestral, patient, silencieux.
Observer le vivant demande autre chose que de simplement passer. Il faut s’arrêter. Attendre. Écouter. Être là, pleinement.
Et cela vaut partout : dans un parc, en ville, au bord d’un lac, en forêt… ou même chez soi. Parfois, il suffit d’installer un simple point d'eau dans un jardin ou sur un balcon. On tend alors une main au monde sauvage, on entrouvre une porte : les oiseaux viennent à nous, et il ne reste plus qu’à s’asseoir pour les contempler.
En une heure, assis dans le silence, mille merveilles peuvent se dévoiler. Une pie portant un gland, un Martin Pêcheur qui passe comme une flèche, un cormoran plongeant pour pêcher… Des instants minuscules que l’on ne voit que si l’on accepte de ralentir.
Car ce n’est pas à la nature de s’ajuster à notre rythme. C’est à nous d’apprendre à nous accorder au sien : patienter, observer, respirer.
Et c’est là que naît la véritable rencontre.
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